Ruche Farmili modèle warré, livrée sur 2 éléments avec 10 000 abeilles et leur reine en provenance du Vercors.

J’installe ma première ruche

Ambroise Touvet, jeune apiculteur, nous raconte comment il s’est lancé dans l’aventure…

« Je l’avoue, se lancer dans l’aventure apicole me donnait des frissons. Mais avec quelques conseils j’ai chassé toute peur, car une colonie d’abeilles est à vrai dire très autonome et il suffit de quelques précautions pour que chacun s’apprivoise. Comme moi, lancez-vous ! »

Le meilleur moment pour accueillir des abeilles

Fin avril, début mai. À cette époque, le froid commence à n’être qu’un lointain souvenir et la colonie est suffisamment forte pour ne pas s’épuiser lors de coups de froid nocturnes. La nourriture se trouve en abondance un peu partout avec le printemps et les inflorescences multiples : arbres fruitiers bien sûr (prunelliers, cerisiers,…) mais aussi petits épineux ou arbustes de haies (aubépine, cotonéaster,…), sans oublier les acacias que l’on trouve partout à l’état sauvage.

Comment installer une ruche

Je conseille d’avoir 3 ou 4 ruches idéalement, car au fil de la saison il faut parfois soutenir une colonie plus faible, ou apaiser une autre très active. Avoir plusieurs ruches permet ainsi le jeu des vases communicants. Mais vous pouvez tout à fait commencer par 1 ou 2 ruches pour vous familiariser dans un premier temps.

Les installer dans un endroit plutôt sec, mais si possible non loin d’un point d’eau.

Il faudra pouvoir circuler derrière vos ruches (prévoyez au moins 1 mètre libre), mais laisser au minimum 3 mètres sans obstacles devant pour que les abeilles puissent s’envoler. La planche d’envol, d’où les abeilles s’élancent pour aller butiner, doit être orientée vers le sud-est pour que les premiers rayons réchauffent la ruche et incitent les abeilles à sortir. Il est important de veiller à ce que vos ruches reçoivent une bonne luminosité.

En l’absence de pieds et afin de garder la ruche bien au sec, vous pouvez poser celle-ci sur des parpaings positionnés à la perpendiculaire pour plus de stabilité. De même que des pierres ou des briques, c’est plus esthétique 😉

Comptez une hauteur de 30-40 cm pour permettre une bonne ventilation. Entre chaque ruche, laissez une distance d’au moins 30 centimètres ou peignez-les de couleurs différentes. Rassurez-vous toutefois, les abeilles sauront retrouver leur maison car chaque ruche a sa propre odeur, grâce aux phéromones libérées par la reine.

Le matériel nécessaire pour prendre soin des abeilles

Quand on débute il est important de se sentir bien équipé, en sécurité. Pour soi-même et pour son entourage.

La combinaison tout d’abord. De loin, on pourrait vous prendre pour un cosmonaute ! Celle de l’apiculteur est tissée d’un coton, tergal ou autre tissu bien épais, blanc pour éviter toute couleur qui pourrait attirer l’attention de ces demoiselles. La tête est couverte d’un voile aux mailles serrées qui permet de voir ce que l’on fait quand on travaille autours des ruches.

Les mains sont protégées par des gants, en cuir ou en plastique (lavable à l’alcool), blanc également : c’est qu’il faut de l’élégance quand on tourne autours des abeilles, elles y sont sensibles 😉

Enfin, il est préférable de chausser des bottes pour éviter toute intrusion, et porter une chemise à manche longue, même l’été.

Voilà, vous êtes habillé !

Reste que la liste du matériel basique n’est pas terminée. Deux outils indispensables vous suivront dans votre nouvelle vie d’apiculteur : l’enfumoir et le lève-cadre.

L’enfumoir : nécessité ou enfumage ?

Pourquoi enfumer une ruche avant de la visiter ?

La fumée est un signe qui alerte les abeilles. Instinctivement, comme pour nous les humains, il n’y a pas de fumée sans feu. Quand la fumée est détectée par la colonie celle-ci comprend que l’habitat est potentiellement en danger. Alors par anticipation les abeilles vont se gorger de miel pour faire des provisions en cas de fuite de la colonie. En se gorgeant de miel les abeilles deviennent plus douces et c’est précisément ce que recherche l’apiculteur qui s’apprête à soulever le toit de la maison !

Dans l’enfumoir, on va disposer un peu de papier journal comme comburant avec de la boite à œufs et des copeaux de bois ou pommes de pin comme combustibles et surtout, de l’herbe fraîche bien tassée par dessus une fois que le tout a pris, afin que la fumée reste froide (car le chaud excite les abeilles).

Quelques signaux de fumée et opérez

Comme les indiens, envoyez devant l’entrée et sous la ruche, quelques signaux de fumée. Attendez une quinzaine de secondes pour que la fumée remonte dans les cadres de la ruche. Ça y est, les abeilles sont au courant de votre présence. Enlevez le toit et le nourrisseur, puis utilisez votre deuxième outil indispensable : le lève-cadre. En effet, les abeilles colmatent tous les interstices de la ruche pour la rendre hermétique (sauf l’entrée principale bien sûr). Elles colmatent avec de la propolis, issue de la résine de certains arbres à laquelle elles ajoutent de la cire. Cette matière, qui possède des vertus antiseptiques antifongiques, constitue le mortier des abeilles. Elle va fixer l’ensemble des éléments de la ruche.

Votre lève-cadre utilisé comme levier permettra de décoller la propolis. Envoyez quelques signaux avec votre enfumoir (avec parcimonie) avant de procéder à l’ouverture de la ruche et à la manipulation des cadres. Levez ensuite les cadres du corps de la ruche pour les inspecter et voir si tout se passe bien dans la colonie.

Loin des yeux, loin du cœur

Oui et non. Les abeilles fonctionnent en colonie, elles sont donc indépendantes. Néanmoins la mondialisation et les transports par containers ont apporté avec eux leur lot de maladies (varroa, teigne,…) qui implique qu’on doit garder un oeil attentif sur ses ruches.

Nous vous conseillons des visites régulières, en moyenne une à deux par mois hors période hivernale, pour vous assurer que la colonie se porte bien. 4 points de vigilance sur lesquels nous reviendrons très bientôt : les hausses (ajouts d’éléments pour éviter l’essaimage au printemps), la récolte du miel (1 à 2 fois au printemps et dans l’été), le traitement contre le Varroa (fin août) et le nourrissement (juste avant l’hiver).

Bien que certains apiculteurs aguerris se passent de gants, cette protection est impérative pour tout apiculteur débutant !

Dans les prochains articles, nous parlerons des gestes à effectuer au fil des saisons et vous verrez, l’apiculture est un vrai plaisir ! Sans compter que vous participerez ainsi à la pollinisation des espèces et à la préservation de la  biodiversité.

À très vite donc !

Bzzzzzzz

Découvrez B&Bee, la première ruche livrée peuplée chez vous en direct du Vercors :

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